L’Islam part précisément de l’idée que le Dieu infiniment transcendant est en même temps infiniment proche, — « plus proche que votre artère jugulaire », — si bien qu’il nous entoure et nous pénètre, dans l’expérience religieuse, comme une sorte d’éther lumineux, s’il est permis d’user d’une expression aussi imaginative ; le seul intermédiaire nécessaire, c’est notre propre attitude, el-islâm, dont l’élément central est l’oraison sous toutes ses formes. Le Dieu judaïque était « lointain », mais il habitait parmi son peuple et lui parlait parfois ; le Dieu chrétien — l’Homme-Dieu — est l’ « intermédiaire » entre ce Dieu lointain et l’homme, ce Dieu désormais silencieux et miséricordieux ; et quant au Dieu de l’Islam, il est, lui, « proche » (El- Qarîb) sans être « humain ». Il n’y a pas de Dieux différents, bien entendu ; il s’agit uniquement de perspectives différentes, et d’« attitudes divines » qui leur correspondent respectivement. Dieu est toujours et partout Dieu, et c’est pour cela que chacune de ces attitudes se retrouve à sa manière au sein des deux autres ; il y a toujours, selon un mode quelconque, « éloignement » et « proximité », comme il y a toujours un élément « intermédiaire ».
Christentum – Islam: Ausblicke auf eine esoterisch Ökumene (e-Book)
Dans cet ouvrage, Frithjof Schuon compare le christianisme et l’islam et examine également les confessions au sein de ces religions mondiales : le protestantisme, l’orthodoxie et le chiisme.